Par les vents de l'annihilation
Une main s'adonne à sa dernière composition
Munie d'une plume frêle ensanglantée
Elle laisse transcrire le visage du monde
Que la fin enlace avec amertume
Où les corps putrides écrasés sur le bitume
Contemplent de leurs yeux vides un ciel immonde
Le petit jardin n'est plus qu'un cimetière
Où poussent des membres par les vers rongés
Où les senteurs des jours printaniers
Laissent place aux parfums des morts
Et en passant l'on entend fredonner
Une douce et belle mélodie
Qui lentement vous embrasse vous engourdit
Et vous laisse à l'ombre succomber
Près de la mosquée, les pleurs des fidèles
Accompagnent la prière de l'imam
Des lamentations sur lu mur éponyme à Jérusalem
Des cloches qui sonnent le glas au ciel
Un silence absurde qui vous étouffe
Vous laisse consumer vos derniers souffles
Mêle en vous horreur et folie
Vous prît de bien vous ôter la vie
Ces derniers mots sur la feuille s'affaissant
La main cède à la fatalité du temps
Le plancher est un tableau où le sang
Se marie allègrement au bleu de la plume découlant...
SimaYi
